Pourquoi ce qui te stresse ne stresse pas forcément ton collègue ?
Culture

Il y a des situations qui semblent anodines pour certains, mais qui peuvent complètement déstabiliser d’autres personnes. Par exemple : une réunion ajoutée au dernier moment, un message sans formule de politesse (on connaît tous ce collègue qui commence un mail comme un message qui suit une conversation, sans "bonjour" !), une remarque directe en plein échange, un changement de priorité dans la journée.
Pour une personne, ce sera simplement “la vie de bureau”.
Pour une autre, ce sera une source de tension, d’agacement ou de stress.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes : nous ne réagissons pas tous aux mêmes situations, parce que nous ne les vivons pas tous à partir du même endroit. Ce qui veut tout simplement dire que nous n’avons pas tous les mêmes déclencheurs.
Les déclencheurs
Le stress n’est pas seulement lié à ce qui se passe autour de nous. Il dépend aussi de la manière dont notre cerveau interprète la situation.
Une deadline courte peut stimuler quelqu’un qui aime avancer vite (DISC rouge), mais mettre sous pression une personne qui a besoin d’anticiper (DISC bleu).
Une réunion spontanée peut donner de l’énergie à quelqu’un qui pense en parlant (DISC jaune), mais fatiguer une personne qui préfère préparer ses idées (DISC vert).
La situation est la même. C'est comment chacun la vit qui est différente.
C’est pour cela qu’il est parfois inutile de se dire : “Je ne devrais pas réagir comme ça.”
La vraie question est plutôt : “Qu’est-ce que cette situation vient toucher chez moi ?”
Derrière une réaction, il y a souvent un besoin
Quand une situation nous stresse, nous agace ou nous bloque, ce n’est pas toujours parce qu’elle est objectivement grave. Parfois, elle vient simplement bousculer un besoin important : un besoin de clarté, de calme, de reconnaissance pour l’un, d’autonomie, de temps, de cohérence ou de respect pour l’autre.
Par exemple, si tu te sens tendu face à une consigne floue, ce n’est peut-être pas parce que tu manques de souplesse. C’est peut-être parce que tu as besoin de comprendre où tu vas pour avancer sereinement.
Si tu es agacé par un collègue qui change souvent d’avis, ce n’est peut-être pas parce qu’il est insupportable. C’est peut-être parce que tu as besoin de stabilité pour te sentir efficace.
Si tu te sens envahi par des sollicitations constantes, ce n’est peut-être pas parce que tu es fragile. C’est peut-être parce que ton cerveau n’a plus assez d’espace pour se poser.
Nos émotions ne sont pas toujours agréables, mais elles peuvent être utiles. Elles nous donnent des indices.
Comprendre ne veut pas dire tout accepter
Reconnaître que nous sommes différents ne veut pas dire excuser tous les comportements.
La tolérance ne consiste pas à tout absorber en silence. Elle consiste plutôt à mettre un peu d’espace entre la situation et notre réaction.
Au lieu de penser immédiatement :
“Il m’énerve.”
“Elle ne comprend rien.”
“Je ne suis pas fait pour ça.”
“C’est toujours pareil.”
On peut commencer par se demander :
“Qu’est-ce qui me touche exactement ?”
“De quoi ai-je besoin là, maintenant ?”
“Est-ce que je réagis à la situation, ou à la manière dont elle arrive ?”
“Comment puis-je répondre sans me laisser déborder ?”
Prendre ce recul change beaucoup de choses.
Moins de jugement, plus d’ajustement
Quand on comprend que chacun a ses propres déclencheurs, on devient souvent plus juste avec soi-même et avec les autres.
On arrête de croire que tout le monde devrait réagir comme nous et on arrête aussi de se juger parce qu’on ne réagit pas comme les autres. Cela ouvre la porte à plus d’adaptation.
Peut-être qu’avant une réunion importante, tu as besoin de quelques minutes pour clarifier tes idées.
Peut-être qu’après une interaction tendue, tu as besoin de marcher, respirer ou écrire ce que tu ressens.
Peut-être que face à une tâche complexe, tu as besoin de découper les étapes plutôt que de tout garder en tête.
Peut-être qu’avec certains collègues, tu as besoin de reformuler les attentes pour éviter les malentendus.
L’objectif est d’apprendre à mieux lire ce qui se passe en toi, pour choisir une réponse plus adaptée.
Nous sommes différents, et c’est une information précieuse
Au travail, nous partageons des espaces, des projets, des contraintes, des urgences. Mais nous ne les vivons pas tous de la même façon. Comprendre cela permet d’être plus attentif à ses propres réactions, mais aussi plus ouvert face aux réactions des autres.
Nous sommes tous différents. Ce n’est pas un problème à corriger. C’est une réalité à mieux comprendre. Et parfois, ce simple changement de regard suffit déjà à faire baisser la pression.
Pour aller plus loin dans ta compréhension de l’autre, on te propose de visionner les capsules DISC proposées par Charles, ou L’effet miroir avec France.
Pausément,
L’équipe MyBreak+


